VoiAssociation Fleur d’Orange

Créations : MAN ANA // Kaly Graffyk • Identité • Mirage
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La deuxième création de Hind Benali est la pièce VOI, un solo particulier puisqu’il met en scène une dizaine de figurants (non danseurs). Elle et la Société. VOI(x), VOI(e), VOI(s).

Résidences : au Niger (centre culturel franco nigérien de Zinder) et au Maroc (institut français de Marrakech).

Première : festival Dialogue de Corps en 2006.

Interprète et chorégraphe : Hind Benali.

Musique : Jean Louis Jagger.

Scénographie : Nadia Benali et Hind Benali.

Note d’intention

J’entends la douce musique perlée, le chant berçant « gharnati », les prières murmurées constamment, les conseils, les références au passé, aux traditions.

J’entends les voi féminines hésitantes et inquiètes, l’assurance de la voi masculine.

Tout m’indique la voi à suivre.

Je suis parmi la foule. Je sens les regards. Ils me voi. Je tente de leur échapper dans un recoin où l’on se cache, on épie, on « bergueg ».

Je sors. J’accepte le handicap de mes chaussures à talon et de ma chevelure envahissante.

Me voi ci.

Préambule

Ce solo doit me ressembler, me refléter, qu’il soit moi.

Qu’il reprenne ce que je suis : une femme, une danseuse, une musulmane, une marocaine de 26 ans…

Je veux y montrer l’environnement, la différence, l’indifférence, la contradiction, la douleur.

La fantaisie, la joie aussi. Les instants de bonheur.

Toutes ces questions qui me hantent, comment rester ce que l’on est, comment retrouver la sagesse que j’ai parfois dû écarter ?

Avancer, mais comment choisir un chemin alors que tous ne mènent nulle part.

Je veux la légèreté, la simplicité, la sincérité. La confiance.

Description d’un individu donné dans une société donnée.

Cette société qui me façonne, suis-je capable à mon tour de la façonner ?

Le regard qu’elle me jette, dois-je en tenir compte, devrais-je le nier, l’accepter ou bien l’influencer ?

Finalement, on ignore à quoi s’attendre, à qui on a affaire et quelle attitude adopter, on s’adapte, on varie les discours et les comportements.

Ces transformations perpétuelles, qui font partie de ma vie, doivent faire partie de mon solo elles aussi.

C’est pourquoi, dans mon solo, je ne serai pas seule en scène. Parce qu’on n’est jamais seul.

Je voudrais intégrer une dizaine de personnes sur le plateau.

Des figurants, sans artifices, ni préparation, guidés par des directives simples.

Chacun d’eux sera à mes côtés, avec son regard, lourd peut être, ou accueillant.

Chaque représentation s’adaptera aux figurants rassemblés sur place et à leurs réactions.

Aucune représentation ne saurait être identique à la précédente, une chorégraphie de base ré-articulée en permanence par la rencontre avec mes partenaires éphémères.

Additionner le superficiel et le profond.

Mélanger la complaisance et la provocation.

Marier l’abstrait et le concret.

Jouer sur les contrastes pour rendre à chacun sa complexité.

Voir l’invisible pour suivre sa voie.

– Hind

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